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Le burn-out estival : quand les vacances font péter les plombs

 

Le burn-out n'est pas seulement un syndrome professionnel, il touche aussi la vie en dehors du travail. En effet les flots de touristes, les disputes des enfants ou encore votre conjoint qui réclame sans cesse de l'attention peuvent vous faire perdre pied au beau milieu des congés. La psychologue Amélia Lobbé revient, pour Terrafemina, sur les causes du burn-out estival et donne quelques solutions pour l'éviter.
 

Vous avez résisté à des mois et des mois de salariat. Au gré de réunions aux contenus obscurs et dont la solennité est entretenue à grands coups d'anglicismes, d'heures supplémentaires en heures supplémentaires et d'objectifs par définition inatteignables vous vous êtes forgée un mental d'acier en attendant la délivrance des trois semaines de congés posés en août.

 

Et là, patatras, le burn-out vous rattrape au bord de la plage... un comble ! Baptisé burn-out estival, ce phénomène de surmenage en vacances guette les vacanciers, principalement les femmes, dont le programme et / ou l'esprit est surchargé. Réveil à 8h, semi-marathon avant 11h, puis préparation durant deux heures d'un déjeuner digne d'un restaurant étoilé, activités avec les enfants (qui braillent) à la plage et compagnon érotisé par l'été qui réclame sans cesse plus d'attention. Le hamac prend la poussière et votre tête s'embrume. Interrogée par Terrafemina, la psychologue Amélia Lobbé décrypte les origines du burn-out estival et donne quelques clés pour ne pas sombrer.

TF : Pourquoi certaines femmes développent un burn-out paradoxalement durant les vacances ?

AL : Les femmes vivent à 100 l'heure toute l'année car elles se partagent entre leur travail, l'éducation des enfants, les activités extrascolaires et l'organisation de la maison. Les mamans au foyer, elles, ne connaissent ni déjeuners entre collègues, ni week-ends ; leur travail ne s'arrête jamais. De plus, des pressions sociales pèsent sur les femmes: il leur faut rester séduisantes, donc s'affamer à partir du mois d'avril en vue de la plage et faire du sport à outrance, tout en ayant une vie sociale et sexuelle débordantes. Les sources de stress sont nombreuses.

Lorsque les vacances arrivent enfin, il est naturel que certaines femmes se sentent complètement vidées, stressées et incapables de profiter pleinement de leur partenaire, de leurs enfants et du farniente. D'ailleurs, les obligations domestiques ne cessent guère pendant les vacances, et sont même souvent décuplées (valises à préparer pour toute la famille, enfants à occuper, repas à gérer...). Changer d'environnement est également perturbant et source d'anxiété pour certaines personnes qui perdent leurs repères habituels. C'est là que l'épuisement total peut se matérialiser.

TF : Quelles sont les précautions à prendre et les solutions pour l'éviter ?

AL : Pour partir en vacances dans un état moral et physique corrects, il convient de ne pas attendre le jour du départ pour ralentir le rythme. Pendant l'année, il est bon de s'octroyer des pauses régulières dans son planning et de consacrer ces pauses à des activités tournées vers le bien-être et le plaisir. Apprendre à bien respirer aide à gérer son stress au quotidien. ll ne faut pas hésiter également à déléguer régulièrement des tâches familiales et domestiques à son partenaire (ou à un(e) professionnel(le) lorsque cela est possible) afin de gagner un peu de temps pour soi. Il est aussi possible d'organiser de temps à autre des échanges de baby-sitting avec d'autres parents, afin de gagner 2 ou 3h de détente.

Prendre soin de soi toute l'année, c'est aussi prendre soin de sa famille et de ses proches, car ils retrouvent une femme zen et bien dans sa peau. Tout le monde en profite au final. Profiter des vacances pour faire une vraie coupure avec son travail et son rythme effréné se décide également. Enfin, décaler son départ de quelques jours et se reposer avant de partir aide à prévenir l'épuisement nerveux sur son lieu de vacances (ou bien consacrer le week-end précédant le grand départ au repos total). Être zen et reposée pendant les vacances se planifie à l'avance.

Vers une reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle

 

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Les députés ont adopté jeudi dernier le projet de loi sur le dialogue social, qui réforme notamment le compte de prévention de la pénibilité et permet la reconnaissance des pathologies psychiques comme maladies d'origine professionnelle.

Fotolia_17647094_XS-300x200-250x166-250x166Le texte prévoit entre autres, la reconnaissance des pathologies psychiques comme étant d'origine professionnelle, via l'examen d'un dossier par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) sur avis du comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles.

Une disposition qui ouvre la voie à la reconnaissance du syndrome d'épuisement professionnel (burn-out), sans que le terme soit toutefois inscrit dans le projet de loi. Le gouvernement était défavorable à la reconnaissance de cette pathologie via son inscription sur le tableau des maladies professionnelles compte tenu de l'absence de consensus scientifique sur une définition claire.

En France, le burn-out toucherait plus de 3 millions de salariés.

Un rapport devra être remis au Parlement avant le 1er juin 2016 sur "l'intégration des affections psychiques dans le tableau des maladies professionnelles ou l'abaissement du seuil d'incapacité permanente partielle pour ces mêmes affections".

Les 10 règles d'or pour être franchement heureux au travail

En tête Olivier Schmouker

Publié le 28/07/2015 à 06:07

 

Le bonheur au travail, c'est plus simple qu'on ne le croit en général.

Que chacun de nous souhaite-t-il le plus dans son quotidien au travail? La réponse est simple : être heureux. Tout bonnement. Et ce, quelle que soit la source de notre bonheur : pour certains, ça passe par un meilleur salaire; pour d'autres, par des horaires de travail plus flexibles; pour d'autres encore, par davantage de collaboration au sein de son équipe; etc.

Autrement dit, on pourrait croire que ce qui rend l'un heureux au bureau laisse l'autre de marbre : un employé, par exemple, pourrait être vraiment heureux de toucher une prime à la performance de 100 dollars, alors que la plupart des autres membres de son équipe préféreraient amplement, eux, pouvoir travailler à la maison une journée par semaine. En conséquence, il semble bien qu'il n'y ait pas de recette magique du bonheur au travail.

Et pourtant... Oui, et pourtant, le bonheur, c'est plus simple qu'on ne le croit en général. Il est fait même de simplicité. C'est du moins ce qui m'est apparu comme une évidence à la lecture d'un livre exceptionnel, que je n'ai pas encore terminé mais que je m'empresse tout de même de partager avec vous : Homo Economicus, prophète (égaré) des temps nouveaux (Albin Michel, 2012), du professeur d'économie français Daniel Cohen. Un ouvrage qui a remporté en France le Prix du Livre d'économie 2012.

Dans Homo Economicus, l'éditorialiste associé du quotidien Le Monde met en évidence le fait que l'être humain est de nos jours tiraillé entre deux nécessités vitales, mais a priori contradictoires. D'une part, le besoin fondamental de grandir dans la sphère de l'Économie, qui guide le monde avec «sa logique néo-darwinienne» où la compétition l'emporte sur la collaboration. Et d'autre part, le besoin viscéral de grandir dans la sphère du Bonheur, qui guide elle aussi le monde, mais en sens opposé, avec «son impératif du bien-être» où la collaboration l'emporte sur la compétition.

Et c'est dans le cadre de cette réflexion qu'il parle des travaux de Bruno Frey, un ancien professeur d'économie de l'Université de Zurich qui est actuellement directeur de recherches au Centre de recherche en économie, management et arts (Crema), en Suisse. Un chercheur réputé pour avoir porté son regard d'économiste sur des domaines inusités pour cette science, comme le terrorisme, la famille et... le bonheur!

M. Frey a ainsi cosigné un livre intitulé Happiness: A revolution in economics (MIT Press, 2008) dans lequel il analyse les différents facteurs permettant à chacun d'être vraiment heureux dans la vie, et en particulier au travail. Son examen du sujet s'est révélé tellement fructueux qu'il a été en mesure de mettre au jour 10 trucs ultrasimples pour y parvenir. Voici comment en parle M. Cohen, sachant que les phrases présentées entre crochets sont de moi (elles visent à illustrer le propos de l'auteur dans le cadre de notre quotdien au travail) :

«Bruno Frey a relevé le défi, non sans bravoure, de donner des leçons de vie qui s'entendent comme des leçons de prudence. (...) Voici ses dix conseils :

1. Ne vous préoccupez pas de ne pas être un génie. Car les génies ne sont pas plus heureux que les autres. L'un des secrets du bonheur se résume assez simplement : comparez-vous à ceux qui ont moins que vous. En général, les médaillés de bronze sont plus heureux que les médaillés d'argent (cela a été vérifié statistiquement). Pourquoi? Parce que les médaillés d'argent se comparent aux médaillés d'or, et les médaillés de bronze, à ceux qui n'ont rien.

«L'économiste propose une classification très utile pour comprendre les mécanismes à l'oeuvre lorsque les gens se comparent aux autres. Il propose de distinguer les 'biens extrinsèques' et les 'biens intrinsèques'. Les premiers portent sur le statut, la richesse : ce sont les signes extérieurs de réussite sociale, les patrimoines sociaux qu'on accumule au cours du temps qui marquent la place de chacun dans la société. Les biens intrinsèques, eux, sont liés à l'affection des autres, à l'amour, au sentiment d'avoir un but dans la vie. Ils amènent des expériences de 'flow', c'est-à-dire des moments où l'on ne sent plus le temps passer, où l'on est tellement plongé dans ce qu'on fait que plus rien d'autre n'existe alors pour nous. Bref, les biens extrinsèques aiguisent la rivalité sociale, quant aux biens intrinsèques, ils augmentent le bien-être.

2. Gagnez de l'argent, mais sans en faire une maladie. Une augmentation de salaire rend heureux... mais pendant quelques mois seulement. En moins d'un an, 40% du plaisir s'est déjà évaporé, et il faut gagner davantage encore pour y trouver une satisfaction.

«L'homme peut pleurer avec sincérité devant le malheur d'autrui et simultanément jalouser celui qui réussit mieux que lui. Dans une expérience de laboratoire où on les interrogeait sur leurs préférences, les étudiants d'une université américaine ont répondu qu'ils préféraient gagner 50 000 dollars lorsque leurs condisciples en gagnent 25 000, plutôt que 100 000 dollars si les autres en gagnent 200 000. Les résultats de cette expérience s'observent dans la vie réelle. Le bonheur dépend des comparaisons que chacun établit avec un groupe de référence, les amis ou les collègues. Dans les familles américaines, une observation étonnante a été faite : une femme aura une plus grande probabilité de travailler si le mari de sa soeur gagne plus que son propre mari. Car elle doit compenser le manque à gagner qu'elle ressent vis-à-vis de sa propre soeur...

3. Vieillissez avec grâce. Pourvu que la santé soit au rendez-vous, vieillir ne nuit pas au bonheur. Au contraire, vous pourrez trouver, comme Beethoven, le plaisir crépusculaire d'une créativité nouvelle, libérée de la contrainte d'accomplir une 'oeuvre'. [Appliqué à notre quotidien au travail, ce conseil peut être compris comme suit : Prenez de l'expérience avec grâce. Devenir expérimenté dans notre domaine de prédilection ne nuit pas au bonheur, au contraire, il y contribue grandement. Cela peut même nous amener à innover comme jamais, à l'image du compositeur allemand.]

«Explication. La relation entre le bonheur et l'âge est des plus étonnantes. Elle ressemble à une courbe en U : les jeunes et les séniors sont (beaucoup) plus heureux que les autres. De 25 à 50 ans, le bonheur ne cesse de reculer, avant de remonter par la suite...

«On retrouve à 70 ans le bonheur d'une jeune personne de 30 ans. À 80 ans, on retrouve (en moyenne) la joie de ses 18 ans! Comment comprendre un résultat aussi surprenant? La proximité de la mort n'est-elle pas, en effet, désespérante? Les économistes ne sont certes pas les mieux placés pour répondre à cette question. La distinction proposée par Bruno Frey aide toutefois à saisir ce qui est peut-être en jeu. La vieillesse libère d'un poids, celui d'accumuler des biens inutiles, de redonner leur place aux biens intrinsèques.

«Milan Kundera, dans Les Testaments trahis, s'émerveillait de l'oeuvre «crépusculaire» de Beethoven. Au soir de sa vie, le maître a composé des sonates qui cassaient les codes traditionnels de la composition. Selon Kundera, c'était l'oeuvre d'un génie libéré du poids de devoir l'être, de celui de plaire.

4. Ne vous comparez pas aux autres en matière de beauté. Les normes sont irréalistes. Les pressions que les top models exercent sur votre psyché créent une frustration inutile. [Ce qui peut se traduire au travail par quelque chose comme : Dites-vous bien qu'au travail, comme dans la vie, l'habit ne fait pas le moine. Ne vous attardez pas à l'apparence de chacun, et comparez encore moins la vôtre à celle des autres. Car ce genre de pensées et de comparaisons ne peuvent aucunement contribuer à votre bonheur, mais juste accroître votre stress.]

5. Croyez en quelque chose. Dieu, la justice sociale, la beauté de la nature... Il vous faut donner ainsi un sens à la vie. Car ce dernier est nécessaire pour échapper à soi-même, et par suite viser le bonheur. [Veillez à ce que votre travail ait un sens, tout comme chacune des étapes devant vous mener à l'objectif visé. Car cela vous fera prendre conscience que vous faites oeuvre utile, c'est-à-dire que le but de votre travail n'est pas l'obtention d'une satisfaction purement personnelle, mais d'apporter un 'plus' à d'autres.]

6. Aidez les autres. L'altruisme vous détourne de vous-même, et cela fait du bien. [Chacun de vos faits et gestes doit contribuer à aider vos collègues à briller au travail. Dites-vous bien que ce ne sont pas eux qui sont à votre service, mais vous-même au leur. Et que le mieux que vous puissiez faire en ce sens, c'est de mettre vos talents à contribution.]

7. Contrôlez vos envies. Les 'aspirations' nouvelles débordent toujours les 'réalisations', aussi élevées soient ces dernières. [Pour y parvenir, il convient d'arrêter de penser en mode 'Moi, Moi, Moi' pour passer en mode 'Nous, Nous, Nous'. Dites-vous bien que le succès collectif ne peut pas découler de la satisfaction de vos seules envies, mais de celles de l'ensemble de l'équipe. Comment? Eh bien, par exemple en partageant vos envies avec les autres, afin de les fusionner à celles de tous.]

8. Préservez vos amis. Ce sont les 'biens' les plus chers, même s'ils sont les moins 'visibles'. [C'est simple, il suffit ici de remplacer le terme 'amis' par 'collègues'.]

9. Vivez en couple. Car la solitude n'est bonne à rien. [Pour le dire autrement, travaillez en équipe. Vraiment. Non pas 'Moi + Eux', mais bel et bien 'Nous'.]

10. Acceptez ce que vous êtes et gérez rationnellement vos faiblesses. Si vous procrastinez, ayez le cran de le reconnaître et fixez-vous des étapes réalistes à franchir pour enfin passer à l'action.»

Voilà. Telle est la liste de Bruno Frey pour qui souhaite un peu plus heureux dans sa vie, noatamment au bureau. Mieux, pour qui est disposé à tout mettre en oeuvre pour être franchement heureux, pour ne pas dire ravi.

«La liste de Frey a surtout le grand mérite de montrer comment la société - et donc, la raison économique - pousse chacun d'entre nous à suivre quasiment l'inverse des préceptes du bonheur : sans cesse, nous sommes amenés à nous comparer à Steve Jobs, à notre boss ou encore au collègue le plus performant de l'équipe. Bref, comment elle nous pousse à faire nous-mêmes notre malheur», indique Daniel Cohen dans Homo Economicus.

Et de poursuivre : «Au-delà des choix individuels, c'est bien l'organisation de la société qui est aujourd'hui en question, à commencer par la plus importante d'entre elles : l'organisation du travail». M. Frey est on ne peut plus clair à ce sujet, dans son livre Happiness : «L'approche économique du bonheur permet de de surcroît d'aider à bâtir des organisations susceptibles d'aider les individus à atteindre le plus haut niveau possible de bien-être. Elle met notamment en évidence le fait que le design de ces organisations-là doit viser à remplir deux buts principaux : favoriser la participation active de chacun à l'oeuvre commune et décentraliser au maximum la prise de décisions. Car ce sont là deux grands attributs du bonheur individuel», dit-il dans la préface.

Bruno Frey le martèle, un peu plus loin dans le texte : «Les organisations propices au bonheur permettent à chacun de leurs membres d'être heureux, et de le rester. Et elles y parviennent en donnant à chacun la possibilité d'influencer les décisions prises ainsi que celle de contribuer directement aux actions entreprises».

Saisissant, n'est-ce pas? Le bonheur, ce n'est donc pas une utopie, mais une terre qui existe vraiment, que chacun de nous peut atteindre pourvu que les conditions nécessaires à cela soient réunies. Des conditions, fort heureusement, qui ne sont pas si complexes que ça à remplir.

Que retenir de tout cela? Ceci, à mon avis :

> Qui entend devenir franchement heureux au travail se doit de se mettre en position de penser non pas en 'Moi', mais en 'Nous'. Il lui faut s'attacher à venir en aide aux autres dans l'atteinte d'un objectif commun, et donc oublier cette fâcheuse tendance que nous avons tous de vouloir briller toujours plus que les autres. Mieux, il doit tout faire pour que les talents des autres brillent plus que les siens. Car c'est ainsi que pourront être combinés épanouissement et eficacité.

En passant, l'écrivain français Victor Hugo a dit dans Océan prose : «Croyez pour être forts. Aimez pour être heureux.»

SANTÉ Le « burn out » presque reconnu

François Rebsamen : « Des fois, c’est dû au travail, des fois, il y a des causes personnelles ».  Photo d’illustration LRL/J. P.
François Rebsamen : « Des fois, c’est dû au travail, des fois, il y a des causes personnelles ». Photo d’illustration LRL/J. P.
 

La loi dit que les « pathologies psychiques » peuvent être d’origine professionnelle, mais pas le burn out en particulier. « Un début de reconnaissance », selon François Rebsamen.

«C’est déjà une grande avancée, nous avons mis un orteil dans la porte », se réjouit Martine Keyrier (CFE-CGC). Depuis des années, ce médecin du travail se bat pour faire reconnaître le syndrome d’épuisement professionnel, ou « burn out », comme une maladie professionnelle.

« Pas dû qu’au travail »

La loi sur le dialogue social, qui doit être adoptée aujourd’hui à l’Assemblée, établit que « les pathologies psychiques peuvent être reconnues comme maladies d’origine professionnelle ». Et cela sur intervention du gouvernement, qui l’a réintroduit dans le texte, après son annulation par le Sénat.

C’est « un début de reconnaissance », a expliqué le ministre du Travail, hier sur Europe 1. Mais François Rebsamen n’a pas souhaité aller plus loin, et inscrire spécifiquement le burn out au « tableau des maladies professionnelles ».

Question de seuil

Pour une raison : « On ne peut pas faire comme si cela était uniquement dû au travail. Des fois c’est dû au travail, des fois il y a des causes personnelles. » Une position partagée par la ministre de la Santé Marisol Touraine.

Il restera donc très difficile pour un salarié de faire reconnaître l’origine professionnelle de son burn out. Il devra toujours déposer un dossier devant une Commission régionale de reconnaissance des maladies professionnelles, qui exige une incapacité minimale de 25 %.

« Il faut baisser ce seuil », réclame Jean-Claude Delgènes, patron du cabinet Technologia, initiateur d’une pétition sur le sujet. « 25 %, cela renvoie à un handicap mental prononcé. Au niveau physique, le seuil d’incapacité de 25 % correspond à un œil arraché, et celui de 20 % à une main coupée… On reste dans le déni social ».

L’histoire n’est pas finie. L’ancien ministre Benoît Hamon devrait déposer une proposition de loi afin de relancer le sujet. Et la loi prévoit la remise dans un an au Parlement d’un rapport du gouvernement sur les suites de l’inscription des affections psychiques au tableau des maladies professionnelles. « Il faudra peut-être cinq ans », commente Martine Keyrier, tenace.

Par F. B. | Publié le 23/07/2015 à 06:09 Vu 8504 fois

Vous êtes en train de boucler vos derniers dossiers ? Attention au burn-out

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Il ne reste plus que quelques heures avant de prendre l’avion qui doit vous emmener à des millions de kilomètres de vos soucis du quotidien. Enfin, si vous n’êtes pas touché par le burn-out d’ici là.

Partir en vacances l’esprit libre. Mais avant, il faut boucler les dossiers urgents. Et même prendre de l’avance si possible, afin de ne pas pénaliser ses collaborateurs et/ou associés. Attention cependant à ne pas trop en faire. Les burn-out arrivent toujours quand on s’y attend le moins.

Pour éviter la sortie de route, nous vous rappelons quelques astuces pour faire baisser la pression. Ça n’ont l’air de rien, mais c’est ce qui va vous sauver.

Donnez-vous des objectifs raisonnables

Beaucoup d’entrepreneurs flanchent devant la montagne à gravir. C’est normal. Quand la marche est trop haute, le désespoir prend le dessus. Pour éviter cela, il suffit de se fixer des objectifs raisonnables. Par exemple, n’essayez pas d’écrire 4 rapports en une journée quand il vous faut deux jours pour en écrire un seul.

Choisissez trois tâches à réaliser par jour. Bien sûr, vous pouvez faire plus, mais il vaut mieux ne pas pousser le bouchon trop loin.

Changez d’environnement

35 heures à passer sur une chaise devant un écran. Pas étonnant après que votre corps soit en mauvais état. Si votre esprit décide de ne plus avancer, il est temps alors de sortir du bureau. Allez marcher cinq minutes. Mieux, organisez un déjeuner avec un de vos clients. Essayez d’allier l’utile à l’agréable.

C’est ce qui va permettre à votre esprit d’évacuer toute frustration. Et, si vous n’avez pas le temps, essayez tout de même de changer d’espace de travail. Mettez-vous en terrasse, dans un parc ou un espace de coworking. Faites-vous plaisir.

Redéfinissez votre notion de succès

« Je veux être millionnaire avant 30 ans ». C’est un beau projet, mais si vous vous dites ça à 29 ans, les chances de succès sont un peu minces. Plutôt que de vous mettre dans une situation d’échec, nous vous invitons à réfléchir à nouveau à votre idée du succès. Est-ce l’argent, la reconnaissance de ses pairs, le pouvoir ?

En fonction de votre réponse, vous allez pouvoir axer votre travail sur cet objectif. Ce qui va vous obliger à revoir de fond en comble votre process de travail. Une bonne chose, si elle vous permet de hiérarchiser vos tâches.

N’abandonnez pas

Tous ceux qui ont connu un burn-out le disent : « ça a commencé le jour où j’ai lâché prise ». À partir de ce moment, vous n’êtes plus capable d’accomplir la moindre tâche importante. C’est la raison pour laquelle il ne faut jamais perdre courage. Même si c’est plus facile à dire qu’à faire.

Essayez de trouver de nouvelles méthodes de travail. Faites en sorte que votre créativité vous serve à faire moins de choses.

Tancrède Blondé

13 méthodes validées par la science pour accéder au bonheur

Article mis à jour le 08 juin 2015
 

La recette pour accéder au bonheur est aussi spécifique à chacun

Et si le bonheur avait sa recette miracle ? Bonne nouvelle pour les éternels stressés et déprimés : des chercheurs britanniques et américains ont dressé une liste d’ingrédients permettant de voir le verre à moitié plein, et la vie toujours du bon côté !

Pour certaines personnes, le bonheur est une notion abstraite inatteignable. Cependant, par le biais de nombreuses études américaines et britanniques, cette notion a été quantifiée et listée pour que chacun puisse y goûter, via 13 nuances de bonheur.

1.Faites plaisir à votre entourage

Pour votre propre bien, n’hésitez pas à jouer les bons samaritains. D’après le Psychological Bulletin, faire plaisir aux autres nous fait du bien, et les personnes les plus altruistes sont aussi les plus heureuses. Alors, pourquoi s’en priver ?

2.Immortalisez votre bonheur

D’après la même revue, le bonheur engendre le bonheur. Aussi, n’hésitez pas à tout faire pour être heureux. Devenez l’écrivain de votre vie en couchant sur papier trois belles choses que vous avez faites durant la journée. Les petits détails comptent tout autant que les grands, donc n’omettez rien !

3.Ouvrez-vous à de nouvelles expériences

Fini la routine ! Ayez l’esprit aventureux et partez en quête de changements. Plus vous élargirez votre horizon, plus vous y gagnerez en plaisir ! Et qui dit plaisir, dit bonheur… Alors, qu’attendez-vous ?

4.Partez à la recherche du bonheur

Le mot d’ordre, c’est “anticiper”. Selon le Psychological Bulletin, prévoir les moments de bonheur permet de les apprécier encore plus. Ainsi, un peu d’anticipation pour un événement quelconque ou un dîner apportera plus de saveurs le moment venu.

5.Voyez la vie en bleu

En Grande-Bretagne, des chercheurs de l’Université du Sussex ont démontré que la couleur bleue avait des effets positifs sur l’humeur. Douce et apaisante, elle assurerait confort et bien-être. Alors, portez du bleu ou redécorez votre intérieur dans un joli camaïeu de bleu !

6.Ayez des objectifs

Des chercheurs américains ont établi que les personnes ayant des projets à court ou plus ou moins long terme ont plus de chance de trouver le bonheur. Pourquoi ? Eh bien, il semble que le fait de se poser un objectif précis entraine des sentiments positifs tout en supprimant les émotions négatives.

7.Optez pour la neutralité

D’après le docteur Deepak Chopra, l’une des clés du bonheur, c’est la neutralité. Il affirme que le fait d’arrêter de défendre son point de vue assure de meilleures chances d’être heureux. Accepter d’avoir tort permet également de désamorcer les situations conflictuelles et d’éviter les soucis en tout genre.

8.Tournez-vous vers la méditation

Les chercheurs ont également découvert que le fait d'opter pour la méditation garantissait le bonheur des gens. Tandis qu'une autre étude affirme que se rendre à la messe rend à la fois plus heureux, et plus satisfait vis-à-vis de son existence.

9.Offrez-vous au moins 6h de sommeil par nuit

Une bonne nuit de sommeil, c’est l’un des secrets pour être heureux. Dites non aux nuits blanches ! En dormant au moins 6h par nuit, vous serez assuré d’avoir bien récupéré de votre journée. Petit plus : une bonne nuitée vous remontera le moral, et vous serez moins susceptible au réveil.

10.Diminuez vos trajets

Une étude britannique a mis en lumière que le trajet de la maison au bureau est pour beaucoup dans le déficit de bonheur. Pourquoi ? Parce que plus vous habitez loin, plus vous passez de temps dans la circulation, et plus vous êtes en colère. De fait, les chercheurs estiment qu’une distance plus courte permet de se sentir plus en paix.

11.Ayez des amis

Le nombre de vos amis influe sur votre vie. Les adultes ayant “au moins” 10 amis sont plus heureux que les autres. L’amitié serait un excellent stimulant pour accéder au bonheur, car comme le dit le proverbe : “plus on est de fous, plus on rit”.

12.Souriez à la vie

Encore selon le Psychological Bulletin, le sourire vous prédispose au bonheur. Laissez tomber votre air renfrogné et souriez à la vie ! Mieux vaut voir le verre à moitié plein qu’à moitié vide. De plus, le sourire fait naître des sentiments positifs et rend plus heureux. Et il paraît même qu’il serait contagieux !

13.Tombez amoureux

L’amour est le meilleur remède pour accéder au bonheur, même s’il est difficile à trouver. Selon une étude américaine, être en couple vous assure joie et bonheur. En vivant une relation calme et douce, vous aurez plus de chance de connaitre le bonheur !

Le burn-out, dossier brûlant

Derek Perrotte / Journaliste | Le 23/05 à 11:00
 

Conséquence spectaculaire de la montée du stress au travail, le syndrome d’épuisement professionnel touche de plus en plus de personnes. La riposte s’organise même si le gouvernement refuse de franchir le cap de la reconnaissance en maladie pro.

Ce matin-là, Thierry (*), commercial, n’est pas sorti de sa voiture. Ses collègues le trouveront à midi, toujours sur le parking, hagard, comme vidé par le stress. Marie, elle, cadre RH dans le BTP, s’est écroulée en larmes lors d’une banale pause-café. Des objectifs « intenables », une « énième réorganisation », « des gens à virer alors que je ne fais pas ce métier pour ça »  : après des années à rallumer son PC le soir, sitôt les enfants couchés, ses nerfs ont lâché. Elle repartira en ambulance. Ce sont les pompiers qui sont venus chercher Françoise, employée d’un fabricant d’armes. Le travail en « sous-effectif » et la « perte d’autonomie », avec ce nouveau logiciel « qui complique tout », la rongeaient jour et nuit…

Alors quand son mari l’a encore invitée à « ne pas s’en rendre malade », elle a « tout cassé à la maison », même si elle ne s’en souvient plus. Suivra une longue dépression. Colette, assistante, n’a pas atteint ce point de rupture : son médecin l’a mise en arrêt avant, quand elle lui a confié ses « envies suicidaires ». Ce job, pourtant, elle « l’adorai[t] ». Mais les tâches en plus s’empilant, il devient « impossible », bien qu’elle « saute déjà les déjeuners ». Paul, haut gradé dans la banque, toujours entre deux avions, estimait, lui, ne pas avoir le temps de voir le docteur. Il fallait tenir le rythme imposé et il aimait avoir des responsabilités. Mais soixante déplacements dans l’année plus tard, une embolie pulmonaire finira par le clouer au sol.

La maladie « du trop »

Ils ont rejoint la cohorte des grands brûlés du travail, consumés par un burn-out. Conséquence spectaculaire de la montée du stress au travail, le syndrome d’épuisement professionnel, en français, résulte de «  l’écart trop important entre leurs attentes, la représentation qu’ils ont de leur métier – portée par des valeurs et des règles – et la réalité du travail », indique l’Institut national de recherche sur la santé au travail (INRS) . « C’est la maladie du toujours plus, du trop, du surengagement, physique et psychique », résume Jean-Claude Delgènes, fondateur du cabinet Technologia, expert des risques psychosociaux. Un mal qui mûrit lentement, avec des symptômes variés, avant de basculer vers la dépression. Si ce n’est le suicide.

Un mal, surtout, moderne. Faute de données, impossible de compter les victimes : les tableaux de maladies professionnelles ne mentionnent aucune maladie due à des facteurs psychiques. Mais les services de santé au travail, des experts et les syndicats tirent la sonnette d’alarme. Apparu dans les années 1980 dans la santé et l’éducation (des métiers « vocations », exigeants et à forte charge émotionnelle), le burn-out « gagne depuis quinze ans les entreprises et la vague s’accélère », martèle Jean-Claude Delgènes. « 60 % de mes consultations concernent le stress, contre 10 % il y a vingt ans. Je devrais écrire psychiatre sur ma porte… », abonde Martine Keryer, médecin du travail.

En cause : l’évolution du management. Le temps du déni, prégnant quand le sujet a explosé en 2008-2009 avec les suicides chez Orange, est révolu. Un rapport remis en 2010 par Henri Lachmann (Schneider Electric), Murielle Pénicaux (Danone) et Christian Larose (CGT) analyse les nombreux facteurs alimentant l’essor des situations de stress chronique au travail : rythme accru des réorganisations, peur du chômage, essor des organisations matricielles qui imposent un reporting permanent, nouvelles formes de taylorisme dans le tertiaire (« lean management »), omniprésence des e-mails et des portables qui empêchent de déconnecter, pression aux résultats avec la financiarisation de l’économie…

3 millions de salariés menacés

Selon la Cegos, 53 % des salariés et 68 % des managers jugent leur travail trop stressant. Reproches récurrents : trop de travail, sans les moyens ni la latitude pour bien l’effectuer, le tout pour une faible reconnaissance et un accomplissement personnel en baisse. Selon une étude du ministère du Travail, 9 % des salariés sont « surexposés » aux risques psychosociaux, et 13 % n’en sont pas loin. Selon Technologia, 3 millions de salariés sont menacés, à divers degrés, de burn-out.L’enjeu humain se double d’enjeux financiers. « Les entreprises cassent des gens puis reportent le coût sur la société via la Sécu ! C’est énorme : outre les dépressions, le stress entraîne du diabète, de l’hypertension, de l’obésité, des AVC… », s’indigne Bernard Salengro, médecin du travail et ex-dirigeant de la CGC, le syndicat des cadres. En 2007, une étude de l’INRS a estimé à « au moins » 2 à 3 milliards d’euros par an le coût du stress au travail.

La riposte s’organise. Les colloques se multiplient, doublés d’appels à une mesure choc : la reconnaissance en maladie professionnelle des différents troubles psychiques liés au stress (épuisement, trouble anxieux, etc.). Le salarié en burn-out, qui ne serait ainsi plus considéré comme un « banal » dépressif, ne serait plus pris en charge par le régime général, mais par la branche AT-MP, financée par les cotisations des entreprises. L’appel lancé par Technologia a recueilli 10.000 signatures et l’affaire devient politique : 30 députés socialistes et chevénementistes ont publié en décembre une tribune pour « imputer la prise en charge du burn-out aux responsables, c’est-à-dire les employeurs ». Fin avril, Benoît Hamon s’est dit « déterminé » à profiter de l’examen du projet de loi sur le dialogue social, fin mai, pour réclamer ce geste, qu’« on attend d’un gouvernement de gauche ».

Pas de reconnaissance en maladie pro

Ce serait une petite révolution : aujourd’hui, il est quasi impossible de faire reconnaître la responsabilité de son employeur dans un burn-out. Certes, il peut être qualifié en accident du travail si la phase de rupture physique intervient sur le lieu de travail, car il remplit alors le caractère nécessaire de soudaineté. Mais encore faut-il que l’entreprise ne conteste pas cette décision. Et si elle permet de gérer certains cas, cette approche est biaisée et loin de couvrir toutes les situations. Le salarié peut aussi monter un dossier auprès d’un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (C2RMP). Mais la démarche est complexe, longue, et la barre élevée : il faut présenter un taux d’incapacité de travail d’au moins 25 %. En 2013, 512 dossiers sont passés par cette voie, 239 ont débouché sur une reconnaissance.

Officiellement, le gouvernement attend un rapport de la Direction générale du travail (DGT) pour se prononcer. Mais c’est une manœuvre dilatoire et sa religion est déjà faite : il ne veut pas franchir le cap de la reconnaissance en maladie pro. Le lobbying du patronat, déjà très remonté contre la création actuelle du compte pénibilité physique, pèse lourd, d’autant que la démarche est jugée bien incertaine, sinon impossible. « Si on ouvre la porte des maladies professionnelles aux risques psychiques, on met le doigt dans un engrenage dont personne ne mesure l’étendue », confie un proche du dossier. Il pointe en outre les risques de dérives ou d’explosion des coûts « si les médecins commencent à mettre toutes les dépressions sur le dos des patrons » ou « si certains s’en servent pour des préretraites déguisées ».

Les juristes sont aussi sceptiques. «   Sur la pénibilité physique, l’impact du travail, et donc la responsabilité de l’employeur, est facile à objectiver. C’est différent avec les risques psychosociaux, qui sont plurifactoriels : comment mesurer ce qui ressort du privé et du professionnel ? Un salarié est-il déprimé par son chef ou par son divorce ? Lui met-on trop de pression, ou n’est-il juste pas fait pour son poste ? », analyse Franck Morel, du cabinet Barthélémy. L’argument est repris par le patronat : «  Le burn-out ne peut pas être décrété maladie professionnelle car c’est un phénomène très complexe, encore flou, où se mélangent des facteurs internes et externes à l’entreprise », insiste-t-on au Medef. Pour un autre avocat, reconnaître le burn-out risquerait aussi d’alimenter les contentieux juridiques : « Cela ferait comme le harcèlement moral, désormais invoqué quasi systématiquement par les salariés dans leur dossier aux prud’hommes. » « Si la reconnaissance est trop compliquée, qu’au moins on facilite la démarche auprès des C2RMP pour en faire une vraie soupape de sécurité », plaide en réponse Technologia. Mauvaise piste là aussi, répond le Medef : « La clef du problème, ce n’est pas la réparation, c’est une meilleure prévention. »

Appels à l’autorégulation

C’est la carte que va jouer l’exécutif, via la publication à venir d’un guide. Ce terrain a déjà commencé à être labouré : les partenaires sociaux ont signé un accord national en 2008 sur la gestion du stress, puis, en 2013, un autre sur la qualité de vie au travail (QVT). Mais ces appels à l’autorégulation tardent à être déclinés sur le terrain : direction pas assez sensibilisée, méconnaissance et sous-estimation du problème, peu de temps et d’argent à y consacrer dans un contexte de crise…

Les freins sont nombreux et les avancées récentes sont surtout l’apanage de grands groupes, à qui l’épisode Orange a fait réaliser les ravages potentiels du stress sur leur marque employeur. On y voit ainsi fleurir les observatoires internes du stress, les lignes d’écoute anonymisées pour salariés en détresse, les chartes sur les horaires et le bon usage modéré des outils électroniques… « Il reste beaucoup de chemin à faire mais on sort du déni sur les risques psychosociaux et le débat s’installe », constate Valérie Langevin, de l’INRS. «  On reste loin de vrais changements concertés via une démarche partagée. On parle de “remettre l’humain au cœur des processus”, mais cela reste des mots », déplore Jean-Claude Delgènes (Technologia). Maria Ouazzani, du cabinet Psya (prévention du stress), est plus optimiste : «  C’est vrai, certains voient d’abord la démarche comme une menace : pour une direction, s’attaquer au stress des salariés, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Mais, à terme, miser sur leur bien-être est toujours source de croissance et de pérennité. La clef est de faire comprendre que ce n’est pas une dépense mais un investissement. »

(*) Les prénoms ont été modifiés

Derek Perrotte

Quelles évolutions si le burn-out devient une maladie professionnelle

Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale veut faire du burn-out une maladie professionnelle. Pour parler de ce mal, les équipes du Soir 3 ont invité le Dr Agnès Martineau-Arbes, médecin du travail.

Mis à jour le 26/05/2015 | 23:51 , publié le 26/05/2015 | 23:51

Le burn-out serait le mal du siècle. Plus d'un actif sur dix serait dans cette situation. Le Dr Agnès Martineau-Arbes lui préfère un autre terme, celui de syndrome d'épuisement professionnel. "Tout simplement, car cela décrit le lent processus qui amène au stade final qui est l'effondrement total" souligne la professionnelle qui définit le syndrome par quatre stades. "Le premier stade est le stade du plaisir au travail, l'enthousiasme, on est très engagé au travail, on adore ce que l'on fait, on est prêt à beaucoup donner. Le problème c'est que l'on est prêt à tout donner et culturellement les entreprises et les salariés ont tendance à favoriser le surengagement. (...) Avec les nouvelles technologies, on finit par grignoter les dimensions privées et sociales pour ne vivre qu'une dimension, celle de la vie professionnelle" explique le Dr Martineau-Arbes.

Des changements à prévoir

Le coût de cet épuisement professionnel pour la collectivité est estimé entre 2 et 3 milliards d'euros par an. Si le burn-out devenait une maladie professionnelle, plusieurs changements seraient à prévoir. "Si les conséquences de l'épuisement professionnel sont reconnus, la dépression au travail, le syndrome d’anxiété généralisé, il va y avoir création d'un tableau de maladie professionnelle qui sera référencé" explique le Dr Martineau-Arbes avant de rajouter: "Il y aura une présomption d'origine. Ce ne sera plus au salarié de prouver que son cas est bien lié au travail mais à l'entreprise de prouver qu'elle a tout mis en place pour que cela n'arrive pas".

Favoriser le bien-être de ses salariés, la clé d'une meilleure productivité ?

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Maxime Gorki avait dit autrefois, « Quand le travail est un plaisir, la vie est belle ! Mais quand il vous est imposé, la vie est un esclavage ». Cette citation reflète bien les conditions de travail des salariés dans certaines entreprises. 

Le travail est devenu une obligation, un moyen comme tant d’autres de se conformer à un système de plus en plus capitaliste.  Quelles approches devraient donc adopter les employeurs ? Le bien-être au travail peut-il devenir un levier de performance ? Par quels moyens, les employeurs peuvent-ils instaurer cette atmosphère de bien-être au sein de leur entreprise ?

Le stress au travail : une problématique à solutionner

Le stress d’origine professionnelle peut nuire à la santé physique et mentale des salariés, pourtant très peu de managers et dirigeants y prêtent attention. Dotés d’esprit pragmatique, ils se focalisent souvent sur l’atteinte des objectifs de rentabilité et oublient de considérer que le stress engendre également des coûts. Le stress expose l’entreprise à deux grands risques. D'abord, le risque opérationnel. En effet, les troubles liés aux stress se répercutent directement sur l’exécution des projets, ce qui amoindrit la productivité. 

Par ailleurs, l’entreprise s’expose également à un risque économique. Elle subit une perte de capitaux, qui se traduit sous forme de coûts directs comme la perte de production en raison du manque de motivation et de l’absentéisme, ou de coûts indirects comme le coût de la rotation du personnel et de la dégradation de l’image de l’entreprise. Pour minimiser ces risques, les entreprises se doivent de mettre leur engagement dans des actions de préventions visant à réduire le stress au travail. Cela est d’autant plus nécessaire, car d’après une étude réalisée en 2007 par l’INRS et Arts et Métiers Paris Tech, le stress au travail aurait engendré un coût de 2 à 3 milliards d’euros. Même si l’étude prenait uniquement en compte la « situation de travail tendue » qui représente moins d’un tiers des situations de travail stressantes, elle reflète assez bien les risques pouvant être encourus par l’entreprise.

Toutes les entreprises devraient-elles démocratiser le bien-être au sein de leurs structures ?

Plusieurs entreprises ont d’ores et déjà passé ce cap et ont décidé de jouer la carte de la sérénité. Elles proposent à leurs salariés plusieurs séances de massages, de relaxation et de sports en tous genres (le géant de l’internet Google France offre à ses salariés des massages). Ces derniers ont même la possibilité de profiter de cet avantage en dehors de leur temps de travail. L’agence web Novius met à disposition de ses employés des espaces réservés à la sieste. Chez Manutan, spécialiste de la fourniture industrielle et du mobilier de bureau en BtoB, les salariés profitent d’une salle de fitness équipée de machines de musculation ainsi que deux salles de squash et d’un mur d’escalade mesurant 7,5 m. Il leur suffit simplement de s’abonner. Une entreprise composée de 1 000 salariés débourse près de 150 000 € hors coût de travaux d’installation, si elle veut pouvoir offrir une salle de sport à ses salariés, ce qui représente un coût mensuel de plus 10 € par salarié. L’abonnement pour la salle est de 150 € par an par salarié, cette démarche peut donc profiter à l’entreprise. 

Outre l’aspect financier, instaurer le bien-être au sein de l’entreprise peut également devenir un vrai levier de performance. En effet, pas moins de 95,7 % des salariés en sont convaincus, à en croire une étude sur le stress au travail, orchestrée en 2012, par les Editions Tissot et Sysman France. Un salarié moins stressé est plus dynamique et disposé à donner le meilleur de lui-même. Dans ce sens, le bien-être au travail impacte sur la productivité d’une entreprise !

L’aménagement des bureaux : un facteur important pour le bien-être des salariés

Un environnement de travail sain est synonyme de bien-être des salariés et donc de productivité. Etre dans un cadre chaleureux avec des bureaux bien équipés, organisés et où chaque moment de vie de l’entreprise est bien délimité, permet une meilleure concentration et favorise l’inspiration et la créativité. L’environnement de travail dont l’aménagement fait partie représente le deuxième critère de choix du salarié. En tant qu’entrepreneur ou dirigeant, l’enjeu est double : cela améliorera votre image en interne, mais aussi cela vous permettra d’accroître les performances de vos employés. Un employé qui évolue dans un bon cadre de travail comptera moins ses heures. D’ailleurs, de plus en plus de designers s'intéressent au mobilier de bureaux, preuve que la tendance est réelle !

Un rapport officiel reconnaît le burn out

L’épuisement professionnel existe, les entreprises et le gouvernement doivent le prendre au sérieux, préconise un rapport qui prend la poussière depuis huit mois au fond d’un tiroir… où nous l’avons retrouvé.

3,2 millions de salariés sont en risque de « burn out », selon l’étude de Technologia. Photo Julio Pelaez 3,2 millions de salariés sont en risque de « burn out », selon l’étude de Technologia.

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7 signes qui prouvent que vous êtes au bord du burn-out

Causé par une accumulation de stress au travail, le burn-out est généralement le résultat d’un épuisement professionnel qui se manifeste moralement et physiquement. Découvrez les 7 signes qui prouvent qu’il est temps de lever le pied.

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13 méthodes scientifiques testées et approuvées pour atteindre le bonheur

C’est la journée mondiale du bonheur. Voici treize méthodes, testées et approuvées par des scientifiques américains et britanniques, pour y accéder. Suivez le guide.
Le bonheur, ça se travaille. Non, ceci n’est pas un sujet de philosophie. Mais le résultat d’une enquête réalisée par Business Insider. Le site a compilé différentes études américaines et britanniques afin de prouver qu’il était possible d’atteindre le bonheur. Il suffit simplement de le cultiver et de revoir, parfois, ses exigences à la baisse.

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